Un parcours façonné par des contextes différents
Je suis née et j’ai grandi en République de Corée. Mon parcours au sein des Nations unies a débuté lors d’un stage au Programme alimentaire mondial (PAM) au Kenya, où j’ai pris conscience que nombre des défis majeurs de notre époque — tels que le changement climatique, l’insécurité alimentaire et la gestion des ressources naturelles — ne peuvent être résolus par un seul pays. Cette expérience m’a incitée à m’engager dans une carrière dans le domaine de la coopération internationale, animée par la conviction que les défis mondiaux exigent une action collective.
Depuis lors, j’ai travaillé en Égypte, au Kirghizistan, en République démocratique du Congo (RDC) et, aujourd’hui, en Éthiopie. Bien que chaque pays ait son histoire, sa culture et son contexte politique propre, un enseignement est resté constant : partout, les jeunes aspirent aux mêmes choses. Une vie empreinte de dignité, de paix, d’opportunités et d’espoir. Ce qui diffère, ce ne sont pas leurs aspirations, mais les circonstances dans lesquelles ils naissent — non pas par choix, mais par hasard.
Découvrir le lien entre climat, paix et sécurité
J'ai découvert pour la première fois le nexus climat, paix et sécurité au Kirghizistan, où j'ai apporté mon soutien à un projet du Fonds pour la consolidation de la paix mené le long de la frontière entre le Kirghizistan et l'Ouzbékistan. Cette initiative visait à répondre aux défis liés à la pénurie d'eau et à la gestion des ressources naturelles, exacerbés par le changement climatique. Elle m’a démontrée comment la coopération autour de ressources naturelles pouvait instaurer la confiance, apaiser les tensions et consolider la paix entre des communautés voisines.
Cette prise de conscience s’est renforcée lors d’une de mes missions dans l’Est de la RDC. Sur place, les communautés déjà touchées par le conflit ont dû faire face à des difficultés encore plus grandes, les inondations ayant entravé l’accès de l’aide humanitaire, déplacé une nouvelle fois des familles et aggravé l’insécurité alimentaire. Le fait d’être témoin de ces réalités m’a montré que le changement climatique n’est pas simplement un enjeu environnemental : c’est un facteur qui multiplie les menaces, amplifie les vulnérabilités existantes et sape la paix et le développement.
Faire progresser l’agenda Climat, Paix et Sécurité grâce au multilatéralisme
Aujourd’hui, en tant que jeune expert associée faisant partie du Programme de Jeunes professionnelles (JPO) au Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU), je constate aujourd'hui à quel point le changement climatique continue d'affecter les moyens de subsistance, les migrations, l'éducation et la sécurité à travers toute l'Afrique. De la Corne de l'Afrique au Sahel, en passant par les petits États insulaires en développement, les effets du changement climatique exercent une pression supplémentaire sur des communautés déjà vulnérables, ce qui confirme que la résilience climatique est essentielle à une paix durable.
Au Bureau des Nations unies auprès de l'Union africaine (UNOAU), j'ai travaillé sur le l’agenda Climat, paix et sécurité, en apportant mon soutien aux travaux sur les questions régionales en Afrique de l'Est et dans la Corne de l'Afrique, tout en assurant la compilation des rapports hebdomadaires du Bureau. J'ai notamment contribué à faire avancer le programme CPS en collaborant avec l'Union africaine, les États membres, les communautés économiques régionales, les partenaires de développement et les présidences de la COP31, à savoir l'Australie et la Turquie, tout en participant aux préparatifs de la COP32 en Éthiopie. Ces expériences m'ont montré que les solutions durables reposent sur le partenariat, l'appropriation commune et une coopération soutenue.
Grandir en tant que jeune professionnelle
Mon expérience, en tant que jeune expert associée, constitue une opportunité unique de développement professionnel. Ma participation à la formation sur le climat, la paix et la sécurité organisée par le Centre autrichien pour la paix à Addis-Abeba m’a permis d’approfondir ma compréhension des enjeux liés au climat, à la paix et à la sécurité, tout en me permettant de nouer des liens avec des professionnels de toute l’Afrique. Une mission de courte durée au sein du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) à Genève m’a également permis d’élargir ma vision de la mise en œuvre du financement climatique. Ensemble, ces expériences ont renforcé ma conviction que ce ne sont ni l’âge ni l’ancienneté qui permettent d’apporter des contributions significatives, mais bien la curiosité, les aspirations et la volonté de progresser.
Construire un avenir commun
Le thème « Des contextes différents, des aspirations communes » trouve un écho profond dans mon propre parcours. Travailler dans différents pays m’a appris que, si nos situations peuvent varier, nos aspirations, elles, sont rarement différentes. Partout dans le monde, les jeunes aspirent à la paix, à des opportunités et à la possibilité de construire un avenir durable. En tant que jeunes professionnels, nous avons le privilège et la responsabilité de faire le lien entre les idées, de renforcer les partenariats et de transformer ces aspirations communes en actions collectives. À travers mon travail dans les domaines du climat, de la paix et de la sécurité, j’espère contribuer à traduire ces aspirations communes en solutions concrètes qui renforcent la paix, la résilience et le développement durable.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteure et ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU).



